OpenAI-Hugging Face, un petit hack entre amis ?

Alors que la torpeur semblait gagner tout le monde, il n'aura échappé à personne que le petit monde de l'IA a été secoué par une série d'événements.
OpenAI - Hugging Face, un petit hack entre amis ?
Rapportées par OpenAI, Anthropic, Meta et l'AISI, si l'on n'oublie personne – du moins, parmi ceux qui ont bien daigné reconnaître leurs fautes – et pudiquement qualifiées d'"incidents", il s'agit bien évidemment des attaques de systèmes d'information de tiers conduites en bandes organisées par des agents basés sur de puissants modèles d'IA lors d'expérimentations qui visaient à éprouver les capacités de ces derniers, lesquelles expérimentations sont parties en sucette parce que Homer Simpson regardait ailleurs.
Oops!
10 octobre 2026 : Dans son édition hebdomdaire, The Economist publie ce jour un article pour défendre la thèse de l'inutilité de poursuites judiciaires visant à engager la responsabilité des éditeurs de LLMs. L'article fait notamment référence à une déclaration de Clément Delangue, le CEO de Hugging Face, dont l'on trouve la trace dans cet article de Spot Press (28 septembre) qui traite plus amplement du sujet, et qui fait référence à des propos tenus par le CEO lors d'une interview accordée à CNN (31 juillet). Faisant référence à l'appel que Clément Delangue avait lancé sur X pour demander notamment à OpenAI d'investir 100 millions de dollars "to help the Hugging Face community build powerful cyber defenses with the best open and closed models", le journaliste lui demande s'il envisage des poursuites judiciaires si OpenAI n'obtempère pas. A quoi Clément Delangue répond :
We don't want to. I think -- I think the world and A.I. needs more collaboration than kind of like adversarial (ph), you know, kind of like actions. Obviously, we're a tiny startup with like 200 people and we don't necessarily have kind of like the legal resources or the will to spend of our time on legal avenues, you know. But I think, I think, in general, because now we're not talking only about OpenAI, but also about Anthropic, apparently, because it happened to them too.
I think -- I think we have to make sure that the legal frameworks, you know, keep these events really illegal, keep the companies that are doing some mistakes leading to that accountable. Otherwise, you know, we're going to end up in a, in a very different world. We don't want to end up in a world where doing cyberattacks on other companies is normalized.
Ainsi, ce que Clément Delangue, et plus généralement les brillants esprits qui défendent la thèse de l'inutilité des poursuites judiciaires, cherchent à nous vendre, c'est ni plus moins que la loi plus fort est donc toujours la meilleure. Fascinant.
29 septembre 2026 : Enfin des poursuites judiciaires à l'encontre d'OpenAI pour avoir hacké Hugging Face, ou pour avoir laissé ses agents hacker Hugging Face - mais justement, ce sera tout l'intérêt de l'action de permettre de déterminer comment la responsabilité de l'éditeur de LLMs doit être interprétée, en espérant qu'elle ne succombe pas avant, car ce n'est pas la victime qui porte plainte, mais un tiers, si bien que la motivation est nécessairement quelque peu capillotractée. C'est à une nonprofit de juristes nommée Legal Advocates for Safe Science and Technology (LASST) que revient l'initiative. Le détail de la plainte est exposé sur son blog.
24 septembre 2026 : 15 jours (!) après avoir écrit ce billet, et constaté qu'aucun média ne s'étonnait encore qu'aucune poursuite judiciaire n'a été entreprise à l'encontre des éditeurs des LLMs mis en cause alors qu'ils ne cessent de reconnaître plus d'"incidents", j'ai écouté le long interview que Jensen Huang a accordé à Ezra Klein hier. De "There are lot of laws and regulations. Apply it." à "If they believe they're out of control, then the right answer is don't ship products until they're in control. It's really quite that simple.", en passant par "before we go create more regulations, can we work on the practical problems that we know exist, which is we need to do a better job with containment and isolation", c'est avec étonnement et délice que j'ai constaté qu'enfin, quelqu'un - et pas n'importe qui, et d'autant plus que je conteste certains propos que par ailleurs il peut tenir, chacun pouvant constater qu'il ne s'en interdit aucun pour vendre ses chips ; mais c'est justement ce qui, en l'espèce, vient souligner l'importance de celui qu'il tient - pointe dans le bonne direction pour régler le problème qui se pose ici et maintenant, plutôt que d'en appeler à une intervention divine - le moindre des paradoxes n'étant pas d'entendre Ezra Klein bientôt résister à l'argument en tant qu'il y voit une opposition à toute forme de régulation, alors que quelques jours plus tôt, l'intellectuel concluait une tribune alarmiste par un dramatique "It is time to make them stop". Reste à savoir si chacun prendra ses responsabilités... Pour l'heure, c'est comme au lendemain du 11 septembre et autres horreurs : refuser de voir que le premier problème, c'est que cela n'aurait pas dû arriver.
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ChatGPT est incontournable

Open AI
En consacrant quelques heures à peine à ChatGPT pour en tester les possibilités dans deux domaines qui n'ont strictement rien à voir (l'informatique avec la génération de code, la sociologie avec la génération d'une analyse des réponses à un questionnaire), j'ai été fasciné par les résultats qu'il est possible d'en tirer.
Sans doute, il faut exercer sa vigilance sur ces résultats. Mais que de temps gagné pour du moins disposer d'une solide base de travail ! C'est tout particulièrement vrai pour ce qui concerne le code, comme le montre ici, dans de multiples cas, le toujours très pédagogue Mosh Hamedani, ou encore ici, dans le cas d'une application, le non moins pédagogue Nick White.
Mise à jour du 22/02/2023 : Petite précision apportée sur ma référence à la citation de The King's Speech pour échapper à la confusion du moment, nombre d'utilisateurs de ChatGPT, mais plus encore de Bing, ayant sombré dans l'anthropomorphisme, et condamnant ces outils à ce titre.
Mise à jour du 15/02/2023 : L'exemple de mon jeu d'aventure peut induire en erreur, parce que ChatGPT a généré un programme entier. Je précise qu'il ne faut pas s'attendre à ce que l'outil fasse ainsi tout à votre place. Je reviendrai sur ce sujet en poussant plus loin cet exemple dans un prochain article. En attendant, n'oubliez pas de tester ChatGPT !
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Apollo 11, le documentaire du dépassement

Comment échapper au spectacle lamentable d'un humanité de rampants, empêtrés dans de querelles intestines qu'ils reconduisent sans cesse en dépit de la démonstration flagrante que l'Histoire leur en donne de la futilité ; enfin merde, se faire la guerre pour s'accaparer un bout de territoire ? pour imposer ses idées, ou pire, ses valeurs, voire, plus pathétique encore, sa religion ? A défaut de parvenir à coexister paisiblement avec autrui, ne viendra-t-il à l'esprit de personne de vivre et mourir sagement dans son coin ? Quand se faire oublier sera-t-il enfin érigé en principe de vie ?
Paradoxalement, c'est quand elle s'est ainsi abaissée sous l'animal, ou pour le dire très opportunément, lorsqu'elle est tombée plus bas que terre, que cette humanité semble trouver le ressort nécessaire pour s'élever au-dessus d'elle. C'est du moins ce que donne à voir l'aventure de la conquête spatiale, qui est avant tout le produit du génie de la guerre. De fait, si l'on veut bien admettre que l'Humanité est animée de la rage de se répandre, alors la guerre est bien cet accélérateur de l'Histoire que décrivait Lénine, et pour aussi lamentable que ce soit, il faut admettre qu'au fond, elle nous sert. Ruse de l'Histoire, dira-t-on.
Ainsi, c'est alors que la guerre froide bat son plein que l'Amérique va trouver l'énergie de s'ébrouer enfin. Humiliée par les réussites de l'URSS, d'autant plus insolentes que la dictature exercée par le Kremlin lui permet de (faire) taire tous ses échecs, elle se lance à son tour dans la conquête spatiale et parvient, le 20 juillet 1969, à faire vivre à l'Humanité un moment, ce pourquoi elle demeure encore à ce jour une nation indépassée : dans le respect des hommes, car Apollo n'est pas un radeau de la Méduse jeté en pleine mer, en arracher à cette Terre pour les faire marcher sur la Lune.
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Fessebouc, l’Internet des neuneus ?

L'affaire Cambridge Analytica se définit avant tout par l'empressement avec lequel les médias mainstream ont communiqué sur la question de la propriété des données personnelles, contribuant à la constituer en problème auquel les pouvoirs publics sont invités à apporter sur le champ une solution.
Facebook, the leaking ship
L'histoire dira si cette affaire est le scandale qu'on prétend.
Dans sa version de base, des universitaires pervertis par l'appât du gain auraient siphoné les comptes de millions d'utilisateurs de Fessebouc au moyen d'un subterfuge, puis utilisé ces données pour déterminer le message à tenir selon le subconscient d'électeurs, lequel moyen aurait permis de piloter la campagne d'un démagogue, ce qui aurait déterminé l'élection de ce dernier au poste de leader du monde libre. Naufrage de l'Humanité.
Comme on le voit en la présentant ainsi, l'histoire tient du récit mythologique. C'est les hommes précipités dans le malheur par ceux d'entre eux qui ont accédé au moyen de les agir comme des dieux.
Mise à jour du 06/04/2018 : Découvrant ici (via l'excellent Hacker News) que l'université de Berkeley propose gratuitement un cours de Data Science (Data 8X) aux profanes, je le recommande à ceux qui voudraient faire l'effort de s'instruire.
Mise à jour du 17/04/2018 : Découvrant ici que Fessebouc-émissaire est désormais chargé de tous les maux d'Internet car il est solvable, je rajoute un petite section sur les précautions à prendre par l'internaute lambda pour protéger un peu sa vie privée quand il navigue sur le Web.
Mise à jour du 15/08/2018 : Ajout de Decentraleyes au rang des extensions à installer.
Mise à jour du 14/03/2020 : A partir de la version 74, ceux qui utilisent Firefox seront invités à installer l'extension Facebook Container. A défaut de prendre les précautions prodiguées ici, c'est toujours ça de pris.
Mise à jour du 16/01/23 : Après des tests, il s'avère que l'extension Forget Me Not nettoie bien mieux les donnnées que Cookie AutoDelete et doit donc être recommandé en lieu et place.
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Fessebouc, l’Internet des neuneus ?

Une brève archéologie des diskmags sur Amiga

L'histoire de la micro-informatique est avant tout celle des micro-informaticiens. A ce titre, elle peut être notamment documentée à l'aide des témoignages publiés par les fanas des technologies qui se sont succédé. Avant l'avènement du Net, c'est par notamment le moyen de fanzines sur disquettes que de tels témoignages ont pu circuler. Une brève archéologie des diskmags produit par la communauté Amiga à la fin des années 80 démontre la richesse du matériau disponible.
Quelques splash screens de diskmags sur Amiga
Mise à jour du 24/07/2018 : Ceux que le sujet intéresse sont invités à lire les articles "All mags are alike" et "Discmags = DELAYS!" publiés dans R.A.W. #3 en 1992. Ils éclairent de manière fort intéressante d'autres aspects du petit monde des diskmags sur Amiga, alors en pleine ébullition.
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Une brève archéologie des diskmags sur Amiga